par Charlotte Ndona Santu
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Introduction
Village Kingantoko
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Nous présentons ici l’essentiel de cette étude qui ne fait que commencer. Pour devenir plus complète et pouvoir répondre à toutes les questions et attentes soulevées par la question du genre, elle devra sans doute se poursuivre dans le temps de façon plus permanente.
Si l’Etude de Genre est essentiellement axée sur les intérêts des femmes, disons tout de suite qu’elle ne pourra pas se réaliser et réussir sans l’implication de leurs compagnons de vie, les hommes. Les hommes constituent une donnée importante, et même la principale, de l’environnement des femmes. Leur non-implication constituerait une obstruction même à la démarche de l’Etude de Genre. C’est côte à côte, femmes et hommes, que nous devons réaliser et réussir l’étude de genre comme démarche ou approche dans la lutte pour la réduction de la pauvreté.
L’étude comprend quatre parties principales:
I. Observations générales
II. Principaux problèmes des femmes dans les divers domaines de la vie
III. Pistes vers des solutions possibles
IV. Conclusion
II. Principaux problèmes des femmes dans les divers domaines de la vie
III. Pistes vers des solutions possibles
IV. Conclusion
Observations générales
Source : Kasangulu
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Ils permettent de circonscrire les divers problèmes de la femme dans leur contexte socioculturel, historique, et même spatial et chronologique. Leur connaissance et leur compréhension aideront et faciliteront la recherche des pistes de solutions évoquées dans le troisième chapitre.
Dans l’arsenal juridique congolais, il n’y a pas ou presque plus de lois restrictives des libertés et droits des femmes. Les dernières qui figuraient dans le Code du Travail sont tombées avec l’avènement des Conventions Collectives et Interprofessionnelles d’Entreprises, des nouveaux Codes du Travail et de la Famille.
Mais, dans les faits, il existe encore des séparations ou mieux des différences entre hommes et femmes dans le mode de vie, la répartition du travail entre hommes et femmes, et les niveaux de responsabilités, surtout dans la famille.
Source : Kasangulu
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Globalement, les femmes sont moins instruites que les hommes. Le taux de scolarisation des femmes est moins élevé que celui des hommes. En particulier, les femmes rurales sont encore beaucoup moins instruites que celles des villes et cités. Donc, le taux de scolarisation des femmes est plus faible en milieu rural qu’en milieu urbain et citadin.
Le taux d’analphabétisme est plus élevé chez les femmes que chez les hommes. Le taux d’analphabétisme des femmes rurales est beaucoup plus élevé que celui des femmes urbaines et citadines.
Les femmes ont dans nos ménages et communautés un niveau de responsabilité moins élevé que les hommes. Cela est devenu un besoin ressenti par elles d’être sécurisées par le niveau de responsabilité le plus élevé possible des hommes, dans les ménages comme dans toutes les communautés.
Les femmes rurales ont, dans leurs ménages comme dans leurs communautés, un niveau de responsabilité encore plus faible que celles des villes et cités. De manière générale, dans les ménages comme dans les communautés, les rôles, comme les tâches et les travaux sont bien définis entre hommes et femmes.
La division des rôles, des tâches et des travaux entre hommes et femmes dans les ménages et les communautés est bien acceptée par tous, reste immuable et ne fait l’objet d’aucune contestation ni d’aucune remise en cause. Elle est donc devenue tout à fait naturelle, et fonde les bases même de l’ordre social établi. C’est donc une seconde nature, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, que les choses sont et restent comme elles sont, sont et restent vécues comme elles le sont.
Toute velléité ou tendance d’agir ou de vivre autrement est considérée comme une violation de l’ordre social établi, et donc passible de sanctions et représailles, si nécessaire.
Principalement dans le milieu rural, cet état de choses peut être l’une des bases fondamentales du maintien de la pauvreté et de la misère. Avec l’acceptation docile et la soumission des femmes, les hommes sont les principaux gardiens de cet ordre social établi et jouent infailliblement bien ce rôle.
Les principaux problèmes des femmes dans la vie quotidienne a Kingantoko et ses environs
Les principaux problèmes quotidiens des femmes énumérés ici ont été relevés dans les villages du groupement de Kingantoko et ses environs. Ils sont donc essentiellement ruraux. Ils sont pratiquement les mêmes si on considère tous les milieux ruraux (du secteur de Kingantoko, du Territoire de Kasangulu, du District de la Lukaya, de la Province du Bas-Congo, de toutes les Provinces du pays et de toute la RDC).
1. Mode de vie de la femme rurale
Dans tous ces villages, les femmes vivent généralement séparées des hommes. Les occasions d’être ensemble (hommes et femmes) sont rares et de très courte durée. Même à ces occasions, les femmes n’ont pas un rôle de premier plan. Elles jouent plus le rôle de spectatrices que d’actrices. Même dans les matières qui les concerneraient directement, ce sont les hommes qui en discutent, définissent les orientations à suivre et prennent les décisions à la grande satisfaction des femmes. Les femmes ne participent presque pas au débat avec les hommes, sauf si cela concerne des matières directement liées à leur intimité; sinon, il n’y a pas à proprement parler de matière où les femmes peuvent organiser des débats sans les hommes. Ainsi, les hommes sont quasiment les seuls à diriger la vie dans les ménages et dans les communautés.
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Les rôles, tâches et travaux des champs incombent exclusivement aux femmes, en grande partie : sarcler, défricher, labourer, semer, entretenir les champs, récolter, transporter au village, vendre les produits, etc.
L’éducation traditionnelle de la jeune fille incombe exclusivement à la femme dès l’âge de la puberté. Malheureusement, elle n’aborde pas l’éducation à la vie avec sa fille, puisque le sexe reste un sujet tabou entre mère et fille.
L’éducation à la vie est essentiellement axée sur les travaux du ménage, les travaux des champs et les relations sociales dans la communauté du village.
Ainsi, la femme est-elle la seule responsable de la réussite ou de l’échec de l’éducation de la jeune fille. Et de plus, elle en répond devant l’homme, chef de la famille.
Les rôles, tâches et travaux d’assainissement du cadre de vie et de son environnement immédiat incombent à la femme.
Les rôles et tâches d’assurer les soins de santé de toute la famille incombent à la femme en cas de maladie : administrer les soins, garder le malade etc. Le rôle de l’homme se limite à chercher l’argent quand cela est nécessaire.
La plupart des rôles, tâches et travaux dévolus à la femme sont d’exécution plutôt que de décision ou de direction. Très réceptive, docile et soumise à l’ordre social établi, elle se sent ainsi plus en sécurité dans sa position secondaire d’exécution que dans la position principale de décision et de direction. Sinon, elle ne serait plus femme, mais plutôt une des femmes rebelles à la communauté.
Même quand la situation dans un ménage est très mauvaise à cause de l’homme, la femme ne peut pas prendre l’initiative et obtenir le divorce ou la séparation. C’est seulement l’homme qui peut répudier sa femme pour un motif quelconque.
Une forme d’équilibre imparfaite et instable régit ainsi la relation entre la femme et l’homme, son partenaire et compagnon de vie, dans la société rurale, toute traditionnelle.
2. La femme et l’eau potable
Source : Kingantoko
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Le problème de l’approvisionnement en eau potable par la femme est plus complexe qu’on le connaît, et a des implications et conséquences insoupçonnées à première vue.
Les sources d’approvisionnement sont presque toutes dans des vallées ou des collines à pentes raides, à des distances supérieures à un kilomètre et demi; un seul voyage à la source avec un bidon de 20 ou 30 litres ne suffit pas pour les besoins de la cuisine et de la boisson de toute la maisonnée. Plusieurs voyages sont nécessaires pour ce faire.
Pour pouvoir réaliser plusieurs voyages avant 10h00, les femmes se réveillent à 4h30–5h00 du matin pour faire la première descente à la source. Les enfants de 10 ans et plus sont associés à cette corvée d’approvisionnement d’eau potable, notamment les filles; parfois, la maman prend son enfant de moins de 3 ans au dos et son bidon de 20 ou 30 litres sur la tête pour approvisionner le ménage sur plus de 3 km de sentiers en forte pente.
Lorsque les femmes vont faire la lessive ou la vaisselle, elles descendent à la source uniquement pour cela; elles perdent énormément de temps à faire la queue. Ces attentes provoquent parfois des querelles entre elles.
L’eau de source qui sert à tous les usages n’est pas tout à fait potable, étant donné que les sources ne sont ni aménagées, ni protégées. Elle est à l’origine de maladies liées à l’eau et d’infections des organes génitaux des femmes.
L’hygiène corporelle n’est pas du tout satisfaisante, surtout pour les femmes, du fait qu’elles prennent leur bain à la source et doivent remonter la pente avec leur charge. Elles arrivent au village couvertes de sueur qui sèche sur le corps et sent mauvais.
Les longues distances nuisent à la santé des femmes et des enfants affectés à la corvée d’approvisionnement du ménage en eau potable et autres tâches apparentées. Les femmes ont déclaré quelques conséquences déjà subies sur le plan de la santé, à cause de cette situation.
3. La femme et le chauffage domestique
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Les femmes vont aux champs le matin, après l’approvisionnement en eau. En début d’après-midi, après les travaux des champs, elles doivent cueillir des légumes, des fruits ou des tubercules, et ramasser du bois de chauffage à ramener à la maison.
Les légumes ou les tubercules sont posés en tas sur le fagot de bois; cela représente 20 à 30 kg qu’elles transportent sur la tête jusqu’au village, sur environ quatre kilomètres de pistes. Le bois de chauffage est parfois vendu pour subvenir à d’autres besoins du ménage, surtout lorsque une femme est elle-même chef de famille.
4. La femme, l’activité économique, le revenu et l’alimentation
L’agriculture est la principale activité économique dans les villages du groupement de Kingantoko. Elle est donc la principale source de revenu, bien que pratiquée à petite échelle et avec des techniques de culture très traditionnelles. Les femmes produisent des céréales, des légumes, des fruits et tubercules qu’elles vendent pour se faire de modestes revenus. Ces revenus sont aussi complétés par la vente du bois de chauffage et des « chicuangues » qu’elles fabriquent avec l’amidon du manioc qu’elles produisent. L’agriculture est aussi la principale source d’aliments pour la famille. Malheureusement, il se pose un réel problème de quantité et de qualité de l’alimentation de la population. Les enfants en âge de croissance accusent un déficit nutritionnel.
Puisque les activités des champs ne produisent pas assez pour l’alimentation de la population, celle-ci s’approvisionne à Kinshasa pour compléter ses besoins alimentaires.
5. La femme, l’assainissement, l’hygiène et la santé
Les femmes des villages du Groupement de Kingantoko ne pratiquent pas d’activités particulières d’hygiène publique dans les villages. Elles prennent leur bain aux sources; les toilettes du type traditionnel ne demandent aucun soin particulier.
Mais avec l’arrivée prochaine dans les villages de l’eau courante, de douches et de toilettes de type moderne, les femmes auront en plus de leurs activités habituelles du ménage, l’entretien des douches et toilettes qui est en effet une activité exclusivement réservée aux femmes, même maintenant dans les villes et les cités.
L’hygiène corporelle va sans doute s’améliorer aussi bien pour les femmes que pour tous les autres habitants avec l’arrivée prochaine de l’eau dans les villages.
Les femmes connaissent beaucoup de problèmes de santé, ici comme dans tous les milieux ruraux. Ces problèmes ont des causes multiples et variées : le rythme de travail journalier épuisant depuis 5 heures du matin jusqu’à pratiquement 20 heures, heure d’aller se coucher, la qualité de l’eau utilisée pour l’hygiène corporelle, l’ignorance générale des règles élémentaires d’hygiène publique, corporelle et alimentaire.
Quelques exemples typiques des problèmes que les femmes connaissent :
- les menaces d’avortement chez les femmes enceintes, à la suite des travaux durs et pénibles.
- les accouchements prématurés et spontanés, et les fausses-couches.
- les infections diverses des organes génitaux.
- les règles précoces chez les jeunes filles.
Les femmes vieillissent prématurément à cause de la précarité des conditions de vie dans ces villages. Il n’y a pas de Centre de Santé pour les soins primaires, ni de Maternité pour les accouchements et les soins aux mères et aux nouveaux nés.
Les femmes dans ces villages prennent encore le risque d’accoucher à domicile dans les conditions de la nature, lorsqu’elles ne peuvent pas payer leur accouchement à Kasangulu ou à Kinshasa, ou encore lorsque cela survient précocement ou spontanément la nuit, sans possibilité de trouver un véhicule pour le trajet vers Kasangulu ou Kinshasa.
6. Les jeunes filles, les grossesses précoces et les filles-mères, les mariages précoces et forcés, et la santé
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Les mariages chez les jeunes filles sont souvent précoces et la plupart du temps contre leur volonté. Dans tous les cas cités ici, cela finit par tourner au drame pour finir en problème de santé, mettant parfois en danger la vie de la jeune fille.
7. La femme, le VIH/SIDA et la santé
Jusque là, fort heureusement, il n’y a pas encore de cas de victimes du VIH/SIDA déclarées dans les villages du Groupement de Kingantoko et ses alentours. Mais, la femme reste toujours exposée à la contamination au VIH/SIDA.
Clinique Luwawu
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8. La femme, la jeune fille, la scolarisation et l’instruction
Le taux d’analphabétisme est très élevé chez la femme dans l’ensemble de ces villages. Le taux de scolarisation des enfants y est également bas.
La jeune fille n’étant pas suffisamment scolarisée aujourd’hui, ne sera pas une femme instruite demain. Cela risque de maintenir ou d’aggraver le taux d’analphabétisme, déjà très élevé chez la femme.
9. La femme, le travail productif et la stabilité du mariage
Dans tous les milieux ruraux et toutes les sociétés traditionnelles, le travail dans le ménage et le travail générateur de revenus (activités économiques) au profit du ménage sont le premier critère de choix d’une épouse. Ainsi, même quand une femme paresseuse arrive à trouver à un mari, elle ne peut pas assurer la stabilité de son mariage.
Dans les villages de Kingantoko et ses alentours, quand une femme ne peut pas régulièrement approvisionner sa maisonnée en eau potable, travailler aux champs, récolter légumes et céréales pour nourrir sa famille, couper du bois de chauffage pour son ménage et/ou pour la vente, son mariage sera gravement menacé de divorce et ne sera jamais stable.
Si une femme n’a pas la réputation de travailler durement, ses chances de mariage sont réduites.
10. L’enfance et la jeunesse d’une femme, et l’exode rural
Déjà enfant, elles participent à partir de 10 ans à la corvée de puiser l’eau potable, elles vont se laver à la source et aident leurs mères à certains travaux du ménage. Par la suite, ces enfants ne sont pas scolarisées. Devenues jeunes filles, elles tombent dans l’oisiveté; aidées par l’ignorance, elles découvrent la sexualité active entre 12 et 15 ans, deviennent vite enceintes et filles-mères.
Après avoir eu leur premier enfant, elles quittent généralement les villages à la recherche de meilleures conditions de vie dans la Ville de Kinshasa ou la Cité de Kasangulu.
11. La femme, les ressources humaines et les corps de métiers spécialisés disponibles
Dans les villages, les hommes pratiquent des métiers spécialisés, pas les femmes. On ne trouve même pas d’infirmière ou de couturière. Cela veut dire que les femmes des villages ne connaissent aucun métier spécialisé, sauf quand il s’agit de prendre soin de leurs familles.
12. La femme, chef de famille
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Les pistes de solutions possibles
Les problèmes des femmes, ou mieux les problèmes de Genre, sont complexes et diversifiés dans leur ensemble, dans la mesure où ils touchent à tous les domaines de la vie. Mais cependant, selon les circonstances des lieux, des temps et même des contextes culturels, ces problèmes se présentent avec leurs spécifités propres. Cela veut dire aussi que les solutions envisageables doivent être appropriées, adaptées et même intégrées. Dans le cas spécifique de la région de Kingantoko, les problèmes de Genre doivent être abordés et résolus dans une démarche globale de lutte pour la réduction de la pauvreté, dans le cadre des objectifs des Nations-Unies pour le millénaire et surtout celui de la viabilisation de la région concernée.
Quatre solutions sont possibles à première vue :
- Fournir de l’eau potable et de l’électricité.
- Mettre en place des structures et infrastructures de santé, d’éducation et d’assainissement.
- Mettre en place des structures de Genre dans les villages.
- Mettre au point des plans et programmes d’information, de formation et de transformation (des milieux, des conditions de vie et des femmes rurales traditionnelles).
Dans le cadre de cette étude, voici les premiers résultats des concertations de Charlotte et son équipe de SD/RDC avec les femmes des villages de Kingantoko et alentours le samedi 27/05/2006.
1. L’eau potable :
Les femmes soutiennent le principe de la fourniture payante pour permettre la maintenance de la station de pompage et du réseau de distribution d’eau. Le montant qu’elles peuvent payer sans défaut est de 1 $US par mois par ménage. 1 $US par mois et par mètre cube correspondrait à 2,38 $ par mois pour un ménage; les femmes ont déclaré que cela dépasserait leur capacité de paiement.
NB : 1 $/mois est le prix moyen que nous payons l’eau à la REGIDESO à Kinshasa.
2. Les toilettes :
Pour garantir l’intimité familiale et surtout la propreté des toilettes et des douches, il est préférable que chaque ménage ait ses toilettes et sa douche, selon l’une des deux formules suivantes :
- des cabines pour les toilettes et les douches dans chaque parcelle, avec une fosse septique commune pour 5 à 10 familles, ou
- des blocs sanitaires collectifs pour 5 à 10 familles, où chaque ménage aura ses propres cabinets pour les toilettes et la douche, avec une fosse septique commune.
NB : Les femmes des villages se demandent comment on peut leur offrir de belles toilettes modernes pendant qu’elles habitent des cases en chaume? Elles sollicitent qu’on leur construise des maisons d’habitation modernes et durables, à crédit. On aura ainsi de l’eau et de l’électricité dans une habitation moderne avec de belles toilettes et douche, pour une viabilité réelle et durable.
3. La création du Comité de Gestion de l’Eau des Villages :
Le comité de gestion de l’eau sera formé selon les directives suivantes :
- Parité hommes/femmes du nombre des membres au sein du comité.
- Représentativité proportionnelle au prorata des effectifs de la population de tous les villages au sein du comité dans le respect de la parité hommes/femmes.
- Les autorités locales ne feront pas partie du comité et ne désigneront pas les membres de leur seule initiative.
- La désignation des membres du comité se fera par consensus.
Conclusion
La femme africaine rurale vit dans un environnement très conditionné par les coutumes, les traditions, les croyances et les usages.
La démarche de l’Etude de Genre doit être comprise et considérée d’abord comme une démarche d’émancipation, ensuite comme une approche dans la lutte pour la réduction de la pauvreté des ménages à travers la femme.
L’Etude de Genre est une nouveauté et une nouvelle école pour tous. L’émancipation de la femme rurale repose sur trois bases principales : l’information, la formation et la transformation.
La femme rurale traditionnelle doit être :
- Informée : suffisamment pour produire un déclic dans son mental.
- Formée : pour renforcer ses capacités et lui donner le savoir-faire nécessaire.
- Transformée : dans sa structure mentale et sociale.
Cela implique la transformation de son environnement de vie (structures et infrastructures) et de ses conditions d’existence : habitat, eau, électricité, assainissement, éducation, santé, formation professionnelle, accès aux média, etc.
Ainsi, le Genre pourra utilement être bénéfique à la femme rurale traditionnelle, d’abord à son ménage, ensuite à toute sa communauté de vie, et enfin à l’humanité entière.
Kinshasa, le 31 Mai 2006
Pour Susila Dharma R.D.C.
Charlotte Ndona Santu
Présidente de SD RD du Congo
Photographies de Kumari Beck, Rosanna Hille, et Viktor Boehm
Charlotte Ndona Muini a reçu une formation d’enseignante en Belgique et est la fondatrice ainsi que la Directrice du Complexe Scolaire Susila Dharma de Lemba-Imbu, une école primaire dans la commune de Lemba-Imbu, sur la périphérie de Kinshasa, République Démocratique du Congo. Elle est également la Présidente de Susila Dharma RDC, et soutient avec son équipe plusieurs projets de terrain en RDC.
On peut joindre Charlotte [en français] à :
charlotte_susiladharmardc@yahoo.fr
